(par Anubysa)(Thème : MĂ©lilĂ©mots 2)
Après avoir refermé le clapet de la boussole qu’elle tenait dans sa main, la jeune femme glissa lentement l’objet dans sa poche. Elle avait vérifié une énième fois qu’elle marchait bien vers le sud-est. Si celle-ci ne s’était pas déréglée, elle devrait doucement apercevoir devant elle le sable chaud du désert dont était majoritairement composé le Royaume Solinam. Si elle continuait dans cette direction, elle finirait par atteindre la mer bien plus loin, mais ce n’était pas là son objectif.
Non, son but était de rejoindre Mailu, la capitale du royaume. Là -bas, elle devait retrouver son grand-père qui lui avait envoyé une lettre, qu’elle avait reçue une semaine plus tôt lui demandant de venir le voir, car l’était de sa mère s’était détériorer et il craignait le pire. Elle était donc aller voir le directeur de l’université de Saithina avec la lettre pour lui demander de lui accorder un congé pour qu’elle puisse visiter sa mère malade. L’accord reçu, elle avait utilisé son argent de poche pour payer le chauffeur d’une calèche pour se rendre le plus proche possible de la frontière. Celui-ci l’avait déposé à un jour de marche de la frontière, mais grâce à lui son voyage jusque-là avait été réduit de moitié.
En temps normal, elle ne se serait pas embarrassée de tel moyen et aurait simplement utilisé le carrosse du Duché Avalya qui était mis à sa disposition, mais si elle l’avait fait, son père aurait été immédiatement mis au courant de sa visite chez sa mère et cela l’aurait mis en colère, de plus qu’il aurait fait en sorte de stopper net son voyage.
La jeune femme de vingt-deux ans releva ses longs cheveux bruns en un chignon à l’aide de plusieurs pinces avant de se remettre en route. Elle arriverait bientôt dans le désert et la chaleur allait y être bien moins supportable. Pour le moment, elle marchait dans la lande et profitait du temps agréable tant qu’elle le pouvait. Son but maintenant était d’atteindre l’oasis qui se situait entre la frontière et Mailu pour y trouver une nouvelle calèche. La précédente n’avait pas voulu se rendre dans le Royaume Solinam.
Après une bonne heure de marche, elle aperçut enfin le désert qui se dessinait à l’horizon. Elle savait qu’il lui faudrait au moins quatre jours pour atteindre l’oasis. Le reste de son voyage serait fait à bord d’une calèche spécialement conçue pour rouler dans le désert. Elle pensait toutefois faire une pause dans la ville qui s’était créée autour de l’oasis et peut-être pourrait-elle également aller nager un peu dans l’eau azur de ce lieu. Elle regarda sa peau encore blanche en ce moment, bientôt celle-ci laisserait place à une peau plus bronzée, sous les coups du soleil qui allait être bientôt plus puissant.
Tout en marchant, elle se souvint de son enfance avec son grand-père et sa mère, avant que son père vienne la récupérer. Elle jouait souvent sur la falaise non loin du petit village où ils habitaient à cette époque, en dessous de celle-ci se trouvait la mer forte et puissante, dont les vagues tapaient avec violence sur la roche. Elle se souvenait du bruit de celles-ci et des oiseaux marins qui criait autour alors qu’elle jouait avec son ami d’enfance. Malheureusement, quand la maladie de sa mère s’était déclarée, ils avaient dû partir pour la capitale de façon à trouver des soins pour celle-ci et la petite fille avait dû dire adieu à son ami.
Peu de temps après, elle avait fait la rencontre de son père, le duc d’Avalya, celui-ci avait reçu une lettre de sa mère qui lui avait demandé de prendre soin de leur fille, car les frais médicaux leur coutaient beaucoup d’argent et de ce fait, sa mère avait des difficultés à offrir une vie correcte à sa fille. Elle était donc partie, un peu contre son gré, avec son père pour rejoindre le duché et prendre sa place officielle de fille du duc, elle avait alors fait la rencontre de son demifrère qui s’était montré très aimable avec elle. En ce qui concertait sa belle-mère, c'était une autre histoire. Dans le duché, tous les enfants pouvaient devenir le prochain héritier du titre de leur père, et ce, indépendamment de leur sexe. Et le fait qu’elle puisse elle aussi de ce fait prétendre au titre, n’avait gère plu à cette dernière.