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L'histoire d'Ava - partie 1![]() ![]() Frissonnante, Ava poussa la porte de son modeste appartement. Ă€ peine fut-elle entrĂ©e qu'une toux grasse troubla sa respiration et elle porta sa main ridĂ©e Ă sa bouche. — DĂ©cidĂ©ment, je supporte de moins en moins la vie en ville, affirma-t-elle, la voix chevrotante. Qu'en penses-tu, Sylvestre ? Le gros matou gris considĂ©ra un instant Ava, pour mieux reprendre sa toilette. Depuis qu'elle Ă©tait partie faire les quelques courses que sa faible retraite lui permettait, le chat n'avait pas quittĂ© le moelleux et vĂ©tuste canapĂ©. — Sylvestre, tu pourrais me faire un peu de place, dit la grand-mère en posant un sac en plastique sur une table au bois rongĂ© par le temps. Puis, elle dĂ©balla ses courses et les posa sur la table, qui craquait. En guise de rĂ©ponse, le gros chat n'Ă©mit qu'un paresseux miaulement, visiblement dĂ©rangĂ© par la remarque de la grand-mère. Puis, comme par esprit de contradiction, il s’emmitoufla dans les couvertures, les dĂ©chirant encore un peu plus. — Parfois, je te trouve bien insupportable. Alors que regarde ce que j'ai pris pour toi, une grande boĂ®te de miettes de thon ! AllĂ©chĂ© rien qu'en entendant le nom de la nourriture, Sylvestre quitta son confortable nid pour se diriger nonchalamment vers la grand-mère et se frotter Ă ses jambes. Il ronronna d'un plaisir anticipĂ©, passant entre les cuisses d'Ava comme pour la presser. — Si tu continues comme ça, je ne pourrai pas te servir Ă manger convenablement ! Mais le chat n'en dĂ©mordit pas et continua Ă se frotter vigoureusement contre elle en miaulant et ronronnant. Ce fut avec difficultĂ© qu'Ava put atteindre sa petite cuisine, sortir un ouvre-boĂ®te afin d'Ă´ter le couvercle. En sentant la dĂ©licieuse odeur de poisson, Sylvestre fut davantage insistant et ses ronronnements redoublèrent en intensitĂ©. — Oui, oui, attend un peu ! Ava posa dĂ©licatement la conserve de thon Ă cĂ´tĂ© de la gamelle du chat, qui se rua aussitĂ´t dessus. — Merchi, fit-il simplement, avant de se jeter sur le poisson tel un tigre sur sa proie. — Et savoure-la bien, tu n'en auras pas d'autre avant un moment ! C'Ă©tait ce que disait Ava Ă chaque fois. Mais elle ne pouvait pas rĂ©sister Ă l'envie de faire plaisir Ă son dernier compagnon quand elle faisait ses courses. Car mĂŞme si le chat Ă©tait peu loquace et souvent ingrat, il Ă©tait toujours lĂ . Contrairement Ă sa famille qui Ă©tait partie on ne sait oĂą. La grand-mère soupira de joie en voyant son gros matou se goinfrer. Puis, elle marcha sur ses jambes fatiguĂ©es jusqu'Ă son velux et escalada un escabeau pour l'ouvrir. — FatiguĂ©e Ava, se dit-elle avant de retourner lentement vers son canapĂ©, vidĂ© de son chat. Elle adressa un rapide coup d’œil Ă Sylvestre, qui avait dĂ©jĂ englouti tout le contenu de la conserve. Parfois, Ava se demandait si son chat ne gobait pas la boĂ®te en entier pour finir de manger aussi vite. D'un bond agile, le chat se mit sur les genoux d'Ava et se colla Ă sa poitrine. La grand-mère sourit et passa sa main sur la douce et chaude fourrure de Sylvestre, quand elle entendit des piaillements. Un oiseau fit irruption dans son modeste logement et il se posa sur sa tĂ©lĂ©vision, Ă©teinte depuis des mois. C'Ă©tait une belle mĂ©sange au plumage colorĂ©, qui dissonait avec les gris et maladifs pigeons de la ville. — Ava, Ava, j'ai trouvĂ© des pistes sur le grand Gardien ! chantonna la petite mĂ©sange. — Ah, dis-moi tout, Titi. La grand-mère fut si contente qu'elle aurait cru qu'elle venait d'entendre la première bonne nouvelle depuis des annĂ©es. Sans doute parce que c'Ă©tait le cas. — Il me suffira de chantonner une mĂ©lodie et toi de penser fort au Grand gardien. — Mais je ne sais pas Ă quoi il ressemble ! protesta Ava. — Pas grave. Pense juste fort Ă lui, au fait que tu veuilles le trouver, puis tu vivras une quĂŞte qui te mènera Ă lui. La grand-mère fit confiance Ă son ami ailĂ© et s'appliqua Ă la tâche. Elle ferma les yeux et pensa fortement au grand Gardien. Elle se laissa emporter par l'harmonie du chant de la mĂ©sange telle une feuille dans une douce brise. Cela dura un moment, durant lequel rien ne se passait, et Ava faillit perdre foi lorsqu'un bruit retentit Cette histoire fait partie d'un tout plus grand ! |