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Une scène de l'histoire de Jarghluck
Downforyears
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Timeline du Nauteur
![]() ![]() Un Nauteur Ă la tarverne(par Downforyears)
S’il avait dû trouver un point commun à tous les univers qu’il avait parcouru, Down aurait sans doute misé sur les tavernes. Modernes ou médiévaux, baroques, classiques ou steampunk, ces établissements se retrouvaient dans chacune des histoires qu’il avait visité, et cet univers ne faisait pas exception. Et comme toutes les tavernes, celle-ci était le point de départ de bien nombreuses aventures. Pourtant, toutes les aventures n’intéressaient pas Down. Seule l’une d’entre elles requérait sa présence.
Depuis un banc au fond de la salle principale, le Nauteur lisait avec attention une liasse de parchemins. Même si celle-ci était agréable, il n’écoutait que d’une oreille la musique jouée par le groupe de bardes, entrecoupée par les gloussements d’une demi-douzaine de jeunes femmes en fleur devant un chevalier en armure complète.
Sa chevelure et ses yeux étaient en permanence recouverts par un casque en acier trempé ne laissant paraitre qu’une mâchoire carrée et des lèvres gonflées. Une épée rutilante était posée sur une table près de lui, et deux donzelles assises sur ses genoux riaient ou se pâmaient à chacun des exploits qu’il narrait.
Down admit que le chevalier Lancevin endossait son rôle de cliché à merveilles, même s’il avait tendance à profiter de son statut, plutôt que de réellement combattre le mal.
La porte de la taverne s’ouvrit doucement, laissant passer une forme massive. Un barbare tout de muscles s’avança vers le chevalier et l’invectiva durant plusieurs minutes. Il annonça au chevalier qu’il allait sauver la princesse Berthilda, vaincre le seigneur du mal Noralbar… Down haussa les épaules sans prendre la peine de regarder la scène. Il l’avait déjà lue et relue… Pourtant, alors que le dénommé Jarghluck sortait de l’établissement sous les rires du chevalier et de sa suite féminine, le Nauteur fronça des sourcils.
Si l’histoire continuait ainsi, le seigneur du mal Noralbar poursuivait son règne sans interruption, et la princesse Berthilda finissait ses jours dans sa tour, vieille et décrépie. Un claquement métallique résonna depuis son bras, et Down releva prudemment sa manche, révélant à ses seuls yeux son bras gauche mécanique. De nombreux mécanismes s’agitaient de son coude jusqu’à ses doigts, signe que le point critique était proche. Il devait intervenir…
— Voyons, mesdemoiselles, les rassura Lancevin, je vous ai dĂ©jĂ Ă mes cĂ´tĂ©s. Pourquoi irais-je risquer ma vie pour une Ă©nième princesse en dĂ©tresse ? — Pour la gloire, pour le dĂ©fi, pour Ă©viter de m’avoir dans vos pattes pour les annĂ©es Ă venir, ou pour rester en vie, rĂ©pondit Down en s’approchant du chevalier. A vous de choisir. — Et qui ĂŞtes-vous, manant ? — Down. VoilĂ ce qu’il va se passer. Dans une minute, deux montagnes vont entrer dans la taverne, et vous tuer. Vous ne pourrez rien faire, et si par miracle vous survivez, ces deux montagnes vont revenir comme si de rien n’était. — Fadaises. Allez-vous-en, j’en ai assez de vous voir. — Dans ce cas, je vous souhaite un bon trĂ©pas, termina Down en s’inclinant.
Alors que le Nauteur s’en retournait à sa place, la porte de la taverne s’ouvrit avec fracas. Deux montagnes de muscles se penchèrent pour entrer, et se dirigèrent vers le chevalier. Leur armure noire semblait aspirer chaque rayon de lumière, et leur casque aspiraient les forces des personnes présentes aux alentours. Alors que les clients déguerpissaient de la taverne, l’une des donzelles qui accompagnaient Lancevin s’interposa, sans doute en espérant marquer des points auprès de celui qu’elle chérissait tant. La montagne de muscles la plus proche l’écarta d’un geste, et la fit décoller à travers le toit du bâtiment.
— Messieurs, je suis Lancevin, et en ma qualitĂ© de chevalier, je ne tolère point ce genre d’exactions. Votre châtiment sera donc la mort. — Lancevin, grinça l’une des montagnes d’une voix sortie d’Outretombe. Personnage secondaire. ElĂ©ment dĂ©clencheur. Doit mourir.
Le combat qui s’engagea alors fut des plus violents. Les mains de Ses envoyés se transformèrent en d’immenses serres molles et huileuses, capables de détruire une table ou un pilier en un coup. Malgré sa lourde armure, Lancevin esquivait et parait avec brio leurs attaques dévastatrices. Impressionné, Down crut même que le chevalier n’aurait pas besoin de son aide. Mais alors que l’un des deux monstres était déjà à terre, le deuxième plaça un atémi sur le plastron de son adversaire et l’envoya percuter un mur en pierre.
— Finalement, murmura Lancevin en apercevant le premier monstre qu’il avait abattu se relever, je vais avoir besoin d’aide. — Je vais les retenir, dĂ©clara Down confiant. Vous, il faut que vous vous rendiez au château de Noralbar. — Je ne comprends pas… — C’est votre meilleure chance de vivre une journĂ©e de plus. — Soit… Bon courage. — Vous en aurez plus besoin que moi.
Alors que le chevalier s’enfuyait par une brèche dans le mur, détruit par l’un des monstres, Down envoya son manteau voler, et d’une pichenette, ouvrit son avant-bras gauche. De nombreuses touches de machines à écrire en sortirent et claquèrent, faisant hésiter pour la première fois les envoyés de Nsgroth. Décontenancés, ceux-ci enlevèrent leur casque, mettant à nu leurs têtes sans visage, percée d’un trou béant et bourré de dents donnant sur… le néant. Après quelques secondes, un œil regarda depuis l’intérieur du trou, puis repartit comme s’il avait eu l’information qu’il recherchait.
Down sourit. La continuité allait bientôt être rétablie. Une autre histoire allait être sauvée… Un espadon à la lame de scénarium apparut entre ses mains, et le bras mécanique se referma.
— PrĂŞts ? murmura-t-il un sourire aux lèvres. Cette histoire fait partie d'un tout plus grand !
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