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Défi de Schrödinger 2 (aléatoire)
EllumyneFaucheuse
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Les aventures du Professeur Istique et de Claire Voyance
![]() ![]() Une invention qui tourne mal(par Ellumyne et Faucheuse)J’avais terminé ma machine. Enfin ! Il m’aura seulement fallu deux années pour la terminer. Et dire que d’habitude, il me fallait bien moins de temps. C’est grâce au détective Voyance que j’en eus l’idée. Si elle ne m’avait pas arrêté ce jour-là , je n’aurais jamais eu cette idée-là . Il n’y avait plus qu’à la tester, imaginais-je. Fébrilement, j’approchai mes doigts du bouton d’activation. Je ne sais pas pourquoi j’avais peur, mais cette crainte était bien-là . Au moment où j’appuyai dessus, je sentis une étrange sensation dans tout mon bras. Je ne parvenais plus à bouger le bras, comme si j’étais électrocuté. Pourtant, c’était autre chose… quelque chose de bien différent. Et pour cause, j’étais absolument certain que la machine était parfaitement bien câblée. En regardant derrière moi, je m’aperçus du problème. Un problème auquel je ne m’étais pas attendu.
Ce Professeur, qu’avait-il encore inventé ? D’après mes sources, il avait acheté des matériaux rares. Il était donc sur un nouveau projet, et cette fois, je n’attendrais pas qu’il se serve de sa nouvelle machine diabolique pour l’arrêter ! Il m’avait ouvert l’accès à son laboratoire il y a quelques semaines de ça. Arrivée devant la porte métallique, je tapais le code que j’avais retenu et cette dernière s’ouvrit doucement. Je n’arrivais pas à y croire, il n’avait même pas daigné le changer… Oh non, le Professeur s’apprêtait à enclencher un bouton, il fallait que je le stoppe avant ! Mais ? Au moment où je m’apprêtais à m’élancer dans sa direction, un flacon chuta d’une étagère branlante et se brisa sur le bras du vieux fou. Une lumière bleue illumina la pièce et le Professeur grimaça de douleur, comme paralysé.
Mon bras était recouvert de parasyline, un produit que j’avais inventé trois mois plus tôt pour figer le maire et prendre sa place. Mais hélas, le produit ne s’était pas avéré assez efficace puisque le maire avait pu à nouveau bouger environ douze secondes plus tard. Pour le coup, c’était un peu une chance pour moi. Si le produit avait été fonctionnel, je ne sais pas comment je m’en serais sorti. Mais la parasyline avait eu le temps de couler le long de mon bras jusqu’à la machine. La combinaison de mes deux inventions eut un résultat particulièrement inattendu. Tandis que j’entendais une voix que je connaissais bien m’intimer l’ordre de m’arrêter, je sentis l’espace se tordre autour de moi. Quelle étonnante expérience que je vivais là . Quelque chose qui ne m’était jamais arrivé jusqu’à aujourd’hui.
Il semblait en mauvaise posture, je me devais de l’aider. Je me précipitai vers lui quand soudainement, le laboratoire commença à tourner autour de moi, à se déformer sous mes yeux. Que se passait-il ? Attrapant le Professeur, je lui ordonnai de me donner des explications, mais ma vue se brouilla et nous fumes téléportés ailleurs. Rouvrant les yeux et luttant contre la nausée, je regardai autour de moi. Des lingots d’or brillaient de mille feux sous les diodes clignotantes de la machine. Nous étions dans le coffre-fort d’une banque. Il avait donc inventé un téléporteur pour faire un casse ? Pour une fois qu’une de ses inventions fonctionnait… Cependant, le Professeur avait l’ait tout aussi surpris que moi de se retrouver ici. Il faisait des allées et venues en se triturant les cheveux, l’air perdu.
Comment avait-on pu se retrouver ici ? Ne prêtant nulle attention au détective Voyance, je vérifiais tous les réglages de la machine. Au passage, je m’emparai d’un lingot d’or ou deux. Il fallait bien financer ma prochaine invention géniale. J’avais déjà quelques idées qui me trottaient dans la tête lorsque le sol se mit à trembler. Un séisme… Était-ce encore un effet secondaire non désiré ? Impossible de le deviner immédiatement. Ce que je savais en revanche, c’est que je n’avais pas construit un appareil de téléportation. Comment ce produit pouvait en altérer son fonctionnement ? Mais je ne pouvais pas prendre le temps d’y réfléchir davantage, car les secousses de la terre commencèrent à faire tomber des lingots autour de nous… et sur nous, si nous n’y prenions pas garde.
Je n’arrivais pas à y croire ! Il se servait dans la réserve de la banque alors qu’un tremblement de terre menaçait nos vies. Un lingot manqua de m’assommer en tombant et, de rage, je m’en emparai et le lançai dans sa direction. Malheureusement, ce dernier se retourna à ce moment là et se le prit en pleine tête. Foudroyé sur place par la violence du choc, il s’effondra au pied de sa machine infernale. Oh non… J’espérais qu’il n’était qu’assommé. Mais je me retrouvais tout de même dans de beaux draps… Comment allions-nous rentrer chez nous ? Je n’avais pas d’autre choix que d’utiliser cette machine. Je m’en approchai avec prudence et, ne sachant pas vraiment quoi faire, j’appuyai sur le gros bouton rouge dans l’espoir qu’il nous ramène, le Professeur et moi, à notre point de départ.
Je ne comprenais pas pourquoi la jeune femme était fâchée contre moi. Je ne vis pas le lingot venir dans ma direction. Au moment où il heurta mon visage, je sentis ma vue se détériorer et je m’effondrai au sol avant de me sentir partir peu à peu. Avais-je signé là la toute dernière invention de ma vie ? Le geste de colère du détective sonnait le glas pour moi. Adieu monde cruel et injuste ! Mais qui aurait pu prévoir la suite des évènements ? Ma machine se décidait-elle enfin à agir de la façon dont elle avait été prévue ? La seconde d’après, je ressentis à nouveau une étrange sensation dans tout mon bras. J’étais debout face à ma machine et je ne parvenais plus à bouger, comme si j’étais électrocuté. Nous étions à nouveau dans mon laboratoire, et la parasyline coulait le long de mon bras, vers la machine.
Le sol arrêta soudainement de trembler, et je me retrouvai face au Professeur, son bras collé à la machine, irradié de lumière bleu. J’eu une désagréable sensation de déjà -vu. Je fus soulagée de le voir en vie, mais malgré tout, je reculai prudemment, de peur de me faire retéléporter dans un nouvel endroit hostile. Trop tard… Je fus à nouveau aspirée dans un tourbillon de lumières. L’atterrissage fut plutôt chaotique. Tentant de reprendre mon équilibre, je trébuchai sur une racine et m’étalai au sol au milieu d’un amas de feuilles mortes. Il faisait nuit noire et un vent glacial secouait les branches au-dessus de ma tête. J’essayai de reprendre mes esprits quand un être encapuchonné, dissimulé parmi les troncs, s’adressa à nous d’une voix d’outre-tombe. Confuse, je me relevai et jetai un œil au Professeur, ne sachant pas à quelle menace nous allions encore faire face.
Au moment oĂą la paralysie de mon bras s’arrĂŞta, un flot de lumières se dĂ©gagea de la machine et nous fĂ»mes aspirĂ©s. Sans mĂŞme y pouvoir quoi que ce soit, nous avions Ă©tĂ© tĂ©lĂ©portĂ© dans ce qu’il semblait ĂŞtre une forĂŞt… ou un bois… Ă€ quelques mètres de nous se trouvait un ĂŞtre mystĂ©rieux. Lorsqu’il s’adressa Ă nous, je ne pus rĂ©primer un frisson. Sa voix Ă©tait tout Ă la fois fascinante et terrifiante. — Comment ĂŞtes-vous arrivĂ©s ici ? nous demanda-t-il. Comment ? Moi-mĂŞme n’aurais su l’expliquer. La machine n’avait pas Ă©tĂ© conçue dans ce but-lĂ . Si seulement les lingots d’or nous avaient suivis… Nous aurions pu nous en servir comme armes… mais cela n’était pas le cas. Chaque parcelle de mon corps me suppliait de fuir… Je n’hĂ©sitai qu’un instant. Ne prĂŞtant pas un seul instant attention Ă la jeune femme qui m’avait accompagnĂ© dans ce voyage forcĂ©, je dĂ©talai comme un lapin. Le courage n’était pas ce qui me qualifiait le plus. Et puis, elle Ă©tait entraĂ®nĂ©e, elle. Elle pourrait peut-ĂŞtre le battre d’une prise d’art martial bien placĂ©e. Mais ma malchance dĂ©cida pour moi que je ne quitterais pas ces lieux. Je me pris l’exacte mĂŞme racine que ma partenaire de fortune et mon visage toucha sol en moins de temps qu’il n’en fallut pour le dire.
Ă€ peine debout, et sans avoir le temps de comprendre ce qui se passait, je sentis le Professeur s’écrouler Ă mes pieds, manquant de me faire tomber Ă nouveau. Manifestement, je ne pouvais rien attendre de ce froussard… Bon, c’était donc Ă moi de jouer. D’une voix moins assurĂ©e que je ne l’aurais voulu, je demandai : — Nous… Euh, nous nous sommes perdus. — Vous n’avez rien Ă faire ici… gronda l’être Ă©trange en enlevant sa capuche. Je frissonnai lorsque l’éclat de la lune laissa apparaĂ®tre une peau parcheminĂ©e, presque translucide, sillonnĂ©e de rides profondes. Impossible de lui donner prĂ©cisĂ©ment un âge. — Mais nous allons repartir très vite, repris-je rapidement. N’est-ce pas, Professeur ? Ce dernier rampait dĂ©jĂ vers sa machine et je lui emboĂ®tai le pas, me mĂ©fiant de ses intentions. Le connaissant, il serait capable de me laisser sur place.
Tandis que je rampai lentement vers la machine pour tenter de me tirer de ce mauvais pas, je vis la silhouette retirer sa capuche. Et son visage me fit frĂ©mir davantage encore que sa voix ne le fit. Était-ce lĂ la Faucheuse en personne ? Je ne voulais pas le savoir. Je voulais simplement dĂ©camper. Peut-ĂŞtre qu’avec de la chance pour elle, la machine happerait Claire dans son rayon d’action... J’ouvrais un compartiment Ă la base de la machine et en dĂ©voilais un Ă©cran d’ordinateur ainsi qu’un petit clavier. Je dĂ©butais Ă peine un nouveau programme lorsque je sentis une lame s’enfoncer dans mon dos. La douleur me transperça mais aucun son ne parvint Ă sortir… et la souffrance fut dĂ©cuplĂ©e lorsque l’arme de l’être quitta mes chairs. Je tournai la tĂŞte vers la dĂ©tective pour voir si elle arrĂŞterait notre assaillant, mais la rapiditĂ© de ce dernier dĂ©passait l’entendement. Je vis son corps s’écrouler au sol sans vie alors mĂŞme que mes forces me quittaient. Au moment oĂą je sentais que j’allais rendre l’âme, un sĂ©isme Ă©branla la forĂŞt et un sentiment de vertige me prit. Je ne fermais les yeux qu’un instant… Mais quand je les rouvris, j’étais face Ă ma machine, debout, le doigt collĂ© sur le bouton d’activation. Nous Ă©tions Ă nouveau dans mon laboratoire et le produit qui dĂ©clenchait l’étrange comportement de mon invention coulait le long de mon bras. Je savais d’ores et dĂ©jĂ qu’elle Ă©tait là … Claire Voyance. — Je suis dĂ©solé… Vous n’auriez pas dĂ» venir. Je n’ai pas créé cette invention pour cela. Mais dĂ©jĂ , une lumière se dĂ©gageait de la machine, signe que nous allions Ă nouveau ĂŞtre tĂ©lĂ©portĂ©s.
Un voile noir obscurcit mes yeux avant mĂŞme que je ne fasse un pas en direction de la machine. La seconde d’après, j’étais de retour au laboratoire, et faisais face au regard navrĂ© du Professeur. Il commença Ă s’excuser quand le sol se dĂ©roba Ă nouveau sous nos pieds. Mais pour une fois, l’arrivĂ©e se fit en douceur. Je fis une roulade sur le sol meuble et me relevai immĂ©diatement, sur mes gardes. Mais seul le bruit des vagues troublait la quiĂ©tude des lieux. Époussetant le sable de mes habits, j’observai avec attention les alentours. Une plage s’étendait Ă perte de vue de part et d’autre de notre position. Bon, puisqu’il n’y avait pas de danger apparent, c’était le moment de demander des explications Ă mon cher ami ici prĂ©sent. — Je peux savoir ce qui vous a pris de fabriquer une machine aussi dangereuse ? Qu’est-ce qui a bien pu se passer dans votre cervelle ? L’air penaud, il s’était assis, adossĂ© contre sa crĂ©ation de mĂ©tal, et traçait des sillons dans le sable, hĂ©sitant Ă rĂ©pondre Ă ma question.
Nous avions atterri sur une plage au sable aussi blanc que j’imaginais mon visage. Comment expliquer tout Ă la fois ses rĂ©elles motivations, tout en expliquant que l’on avait sans doute commis une erreur dans sa conception ? Je m’assis au sol, m’appuyant contre ma machine, mes doigts jouant machinalement avec le sable. Les vagues ramenaient parfois l’eau suffisamment loin pour mouiller le bas de mon pantalon… Mais je m’en fichais bien. Combien de temps avant que nous nous retrouvions Ă nouveau dans le laboratoire, comme si ce moment de dĂ©tente n’avait jamais eu lieu ? — Claire… Comment dire ? Vous vous souvenez lorsque je vous ai dit avoir perdu ma femme ? Eh bien… Vous l’avouer m’a donnĂ© l’idĂ©e de retourner dans le passĂ© pour la sauver. Mais il semble que la machine n’ait pas assez de puissance pour nous faire revenir en arrière plus que de quelques minutes… Nous forçant Ă tourner en boucle. Et la parasyline a dĂ©traquĂ© l’un des aspects essentiels de la machine… Non seulement elle se dĂ©place dans la quatrième dimension : le temps… Mais Ă©galement dans les trois autres. Mais j’ai bon espoir dĂ©sormais que nous finissions par atterrir dans un endroit qui nous fournira assez de puissance pour aller beaucoup plus loin !
Son explication me fit l’effet d’une douche froide. L’amour qu’il portait encore Ă sa femme, mĂŞme après toutes ces annĂ©es… Je ne savais pas quoi rĂ©pondre, et je me retournai face Ă l’ocĂ©an, pour cacher mon trouble. Les embruns me fouettèrent le visage et je frissonnai, tout autant de froid que de fatigue. Je comprenais son souhait de retrouver l’être aimĂ©. Cependant, tout ceci devenait bien trop dangereux. Pivotant dans sa direction, je tentai de le raisonner. — Professeur Istique… Je vous en prie, vous devez arrĂŞter vos recherches inconsidĂ©rĂ©es. Tout ceci est trop hasardeux ! Comment pouvez-vous ĂŞtre sĂ»r de tomber pile au bon endroit ? Et si cet endroit existe, comment savoir si vous pourrez utiliser cette Ă©nergie pour vous tĂ©lĂ©porter Ă la bonne Ă©poque ? Le Professeur s’agita, en colère contre ce qu’il semblait considĂ©rer comme un manque d’empathie de ma part. Je levai une main en signe d’apaisement et continuai. — Et quand bien mĂŞme vous retourneriez dans le passé… Avez-vous un remède Ă lui apporter ? Je ne crois pas… Ne pensez-vous pas que vous avez plus de chances d’en concevoir un dans le prĂ©sent, grâce Ă toutes les recherches que vous avez compilĂ©es dans votre laboratoire ? Et avec lequel vous pourriez sauver des centaines de vies Ă travers le monde ? Je sentis sa rĂ©solution flancher et je me tus, attendant sa dĂ©cision.
J’attendis quelques minutes, cherchant quoi répondre à la jeune femme. Je savais bien sûr qu’elle avait raison, mais je ne parvenais pas à m’y résoudre. Si j’éteignais la machine, cela signifiait que j’abandonnais ma folle idée. J’allais ouvrir la bouche lorsque nous fûmes ramenés à notre point de départ. Une nouvelle boucle commençait… Tournant la bouche vers Claire, je ne pus bredouiller que de bien piètres excuses, tandis que nous étions envoyés vers un nouveau point du globe. Au-dessus d’un volcan en éruption ? Situation originale, j’imaginais. La boucle d’après, nous nous retrouvions dans le vide sidéral, et celle d’après, menacés par des serpents mortellement venimeux. Quatre boucles supplémentaires de supplication de la jeune femme furent nécessaires à me convaincre que mon entreprise était vouée à l’échec. Peut-être ne pouvais-je simplement pas modifier le passé… Ou peut-être n’étais-je pas destiné à le faire… Alors que nous réapparaissions dans mon laboratoire, je m’effondrais au sol au moment où le produit paralysant cessa son effet. Je démontai le compartiment de contrôle et l’arrêtai, fondant en larmes au même moment. Les lueurs de la machine s’éteignirent une après l’autre, en même temps que tout espoir de retrouver ma défunte épouse. J’avais réussi à sauver nos vies, mais à quel prix ?
De retour au laboratoire après plusieurs itĂ©rations, toutes plus dangereuses les unes que les autres, c’est avec un soulagement immense que nous fĂ»mes enfin de retour dans le prĂ©sent. — Vous avez pris la bonne dĂ©cision, murmurais-je. Mais le Professeur, affairĂ© Ă Ă©teindre sa machine, sembla ne pas m’avoir entendue. — Je suis dĂ©solĂ©e que vous ne puissiez pas changer le passĂ©. Mais… Peut-ĂŞtre pouvez-vous changer le futur ? Fabriquer de nouvelles inventions pour le rendre meilleur ? Il me regarda d’un air absent, pensant probablement Ă son Ă©pouse perdue. Je ne souhaitais pas le dĂ©ranger plus longtemps. Après toutes ces aventures, nous Ă©tions tous les deux Ă bout et ce n’était pas le moment de lui faire une leçon de morale. Jetant un dernier coup d’œil au pauvre homme pour ĂŞtre sĂ»re qu’il avait bien abandonnĂ© l’idĂ©e de repartir dans une boucle infernale, je quittai l’endroit, le cĹ“ur lourd, espĂ©rant que le temps panse ses blessures. Cette histoire fait partie d'un tout plus grand !
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